En anglais : Interest Rate Swap (IRS)

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Swap de taux d’intérêt (IRS) : définition et taux aujourd’hui

Qu’est-ce qu’un swap de taux ?

Un swap de taux d’intérêt (Interest Rate Swap, ou IRS) est un contrat par lequel deux parties s’échangent des flux d’intérêts pendant une durée déterminée :

  • l’une paie un taux fixe, décidé au départ et inchangé jusqu’à l’échéance
  • l’autre paie un taux variable, généralement l’Euribor 3 mois ou 6 mois, recalculé à chaque période

C’est un produit dérivé de gré à gré (négocié directement entre les parties, hors marché organisé). Point essentiel : le capital n’est jamais échangé. Il sert uniquement de base de calcul des intérêts, d’où son nom de notionnel. Seule la différence entre les deux flux est réglée à chaque échéance.

Le swap de taux n’est qu’une famille de swaps parmi d’autres : il existe aussi des swaps de change (currency swaps), des swaps de matières premières, des swaps de performance (equity swaps) ou encore des swaps de défaut de crédit (CDS). Tous reposent sur le même principe d’échange de flux, mais portent sur des sous-jacents différents. C’est le swap de taux qui domine largement en volume, et c’est celui dont il est question quand on parle du « taux de swap 10 ans ».

Le marché des swaps de taux est l’un des plus vastes et des plus liquides au monde. C’est ce qui en fait un reflet fidèle des anticipations de taux : le taux de swap 10 ans résume ce que le marché pense de la trajectoire des taux courts sur les dix prochaines années.

À quoi sert un swap de taux ?

L’usage principal est la gestion du risque de taux.

Prenons une entreprise endettée à taux variable. Chaque hausse de l’Euribor alourdit sa charge d’intérêts, et elle ne maîtrise pas son budget. En concluant un swap dans lequel elle reçoit du variable et paie du fixe, elle neutralise cette exposition : le variable qu’elle reçoit compense celui qu’elle verse à sa banque, et il ne lui reste qu’un taux fixe. Elle a transformé une dette à taux variable en dette à taux fixe, sans renégocier son emprunt.

L’opération inverse existe aussi. Un investisseur détenant des obligations à taux fixe et qui anticipe une hausse des taux peut payer du fixe et recevoir du variable pour profiter de cette hausse.

Les banques, les assureurs et les gérants d’actifs utilisent ces contrats en permanence, pour ajuster la duration de leur bilan ou couvrir des engagements de long terme.

Le taux de swap : ce que c’est exactement

Le taux de swap d’une maturité donnée est le taux fixe qui équilibre le contrat au moment où il est conclu, c’est-à-dire celui qui rend la jambe fixe et la jambe variable de valeur égale. À ce taux, le swap ne vaut rien pour aucune des deux parties : c’est le prix d’équilibre.

Quand on parle du « taux de swap 10 ans », on désigne donc le taux fixe qu’une banque accepterait aujourd’hui d’échanger contre de l’Euribor pendant dix ans.

Ces taux forment une courbe complète, de 1 an à 30 ans et au-delà. Sur le marché euro, ils sont publiés chaque jour ouvré via le fixing EUR ICE Swap Rate, calculé à 11h00 heure de Francfort.

Taux de swap et CMS : le même chiffre, deux usages. Le taux CMS 10 ans est le taux de swap 10 ans. Le sigle CMS (Constant Maturity Swap) insiste sur le fait que la maturité reste constante : chaque jour, on relève le taux d’un swap 10 ans neuf, et non l’évolution d’un contrat existant qui, lui, vieillirait. On parle de « taux de swap » pour désigner le prix du contrat, et de « CMS » quand ce taux sert de référence d’indexation à un autre produit. Voir la page CMS pour les obligations et produits structurés indexés dessus.

Taux de swap et taux souverain : le swap spread

Une question revient naturellement : pourquoi le taux de swap 10 ans diffère-t-il du rendement de l’OAT 10 ans, alors que les deux portent sur la même durée ?

L’écart entre les deux s’appelle le swap spread. Il tient à la nature des risques portés :

  • Le rendement d’une OAT rémunère un prêt réel à l’État français, avec engagement de capital et risque souverain.
  • Un taux de swap ne comporte aucun échange de capital. Il reflète les conditions du marché interbancaire et la qualité de crédit du secteur bancaire, pas celle d’un État.

Ce spread se resserre ou s’écarte selon la perception du risque bancaire, les besoins de couverture des institutionnels et la liquidité des deux marchés. En période de tension sur les dettes souveraines, il peut même s’inverser : le taux de swap passe alors sous le rendement souverain, signe que le marché juge l’État plus risqué que le système bancaire.

Ce qu’un taux de swap n’est pas

Ce n’est pas un taux zéro-coupon. Le taux de swap est un taux « par » : il résume une séquence de flux étalés sur toute la durée du contrat. Pour actualiser un flux unique à 10 ans, il faut d’abord reconstruire la courbe zéro-coupon à partir des taux de swap, par une procédure appelée bootstrapping.

Ce n’est pas non plus un taux de crédit. Un taux de swap ne dit rien du risque d’un emprunteur particulier. Une entreprise qui emprunte paiera le taux de swap plus une marge reflétant sa propre qualité de signature, mesurée par son spread de crédit.

Ce n’est pas un taux d’emprunt directement accessible. C’est un prix de marché entre professionnels. Il sert de référence, notamment pour les taux de crédit immobilier, mais aucun particulier n’emprunte au taux de swap.

À retenir

  • Un swap de taux échange un flux à taux fixe contre un flux à taux variable, sans échange de capital, sur un notionnel de référence.
  • Le taux de swap est le taux fixe d’équilibre du contrat. Le taux de swap 10 ans est le même chiffre que le CMS 10 ans, la différence tenant à l’usage qu’on en fait.
  • Il sert avant tout à couvrir un risque de taux : transformer du variable en fixe, ou l’inverse.
  • L’écart avec le rendement de l’OAT de même maturité, le swap spread, mesure la perception du risque bancaire face au risque souverain.

Pour aller plus loin : la courbe des taux replace ces taux dans leur ensemble, et la page CMS détaille les obligations et produits structurés dont le coupon est indexé sur ces niveaux.

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