Pourquoi investir en obligations ? 3 raisons
En obligations, peut-être plus qu’en actions, il est fondamental de savoir pourquoi vous investissez, et quel objectif vous recherchez. Cela n’est pas que psychologique : cela aura un impact réel sur la performance de vos placements.
Trois objectifs sont possibles.
Raison 1 : Pour percevoir des revenus réguliers grâce aux intérêts
C’est la raison la plus naturelle de détenir des obligations.
Elle consiste simplement à sélectionner les obligations pour les coupons qu’elles versent, dans le respect d’un critère de sécurité.
C’est la solution retenue par les retraités et les rentiers, mais aussi les fonds de pension et tous les investisseurs institutionnels qui ont besoin d’adosser des revenus à des flux de paiement certains ou prévisibles (paiement des rentes aux assurés, fonds en euros de l’assurance-vie).
L’avantage de cette approche : elle est insensible aux taux d’intérêt.
Peu importe si les taux montent ou baissent puisque les coupons sont connus à l’avance dans les cas des obligations à taux fixe.
Bien sûr, la valeur des obligations évolue au fil du temps, mais le capital est garanti en absence de défaut de paiement.
Cependant, outre le risque de crédit (que l’on tâchera de minimiser), l’un des risques reste le risque de réinvestissement : un investisseur habitué à percevoir des coupons de 5% subira une perte de revenus si, une fois ses obligations arrivées à terme, les taux ont baissé et les obligations nouvelles ne proposent plus qu’une rémunération de 2%.
C’est un réel problème pour un fonds de pension qui doit utiliser les coupons pour verser des rentes aux assurés…
Raison 2 : Pour équilibrer le risque d’un portefeuille contenant des actions
Cette raison se divise en deux.
Raison 2.1 : Par le biais des corrélations négatives
Les obligations ont tendance, historiquement, à varier à l’inverse des actions. Par conséquent, combiner les deux classes d’actifs au sein d’un portefeuille réduit la volatilité de l’ensemble.
En effet, la diversification apporte un effet intéressant sur la volatilité :
- La performance du portefeuille est égale à la moyenne des performances
- mais la volatilité est inférieure à la moyenne des volatilités.
L’enjeu sera alors de déterminer le pourcentage-cible de chaque classe d’actifs au sein du portefeuille.
Enfin, notons que cette stratégie ne fonctionne pas avec le fonds en euros, puisqu’il a une corrélation quasi nulle avec les actions (il ne varie pas, et verse un coupon une fois par an).
Raison 2.2 : Par le jeu des rééquilibrages
De façon plus pragmatique, détenir deux classes d’actifs est un bon moyen de réguler naturellement le risque d’un portefeuille.
Après une bonne année sur les actions, le poids des actions dans le portefeuille aura augmenté. Le rééquilibrage consistera à vendre la part d’actions dépassant la cible pour acheter des obligations, dont le poids aura donc baissé.
Après une mauvaise année sur les actions, le poids des actions aura baissé. Le rééquilibrage consistera à vendre la part d’obligations nécessaire pour rétablir le pourcentage d’actions à la cible. Les obligations auront probablement augmenté.
Les rééquilibrages périodiques du portefeuille créent naturellement un système où l’on vend haut et on rachète bas, ce qui contribue aussi à la performance et à la réduction de la volatilité.
Raison 3 : Pour réaliser une plus-value en vendant à un cours plus élevé que le cours d’achat
Les obligations étant cotées en bourse, il est possible d’essayer de les acheter bas et de les revendre à un cours plus élevé.
C’est une logique dite de “Total Return” : on ne s’intéresse pas uniquement aux versements de coupons mais au revenu global généré par les coupons et l’évolution du cours.
Pour réussir à réaliser une plus-valule avec les obligations, plusieurs approches sont posibles :
- faire des paris sur les taux d’intérêt (acheter des obligations lorsque les taux sont élevés et que l’on anticipe une baisse ; vendre les obligations lorsque les taux sont bas et que l’on anticipe une hausse).
Pour cet objectif, les obligations les plus adaptées sont celles qui ont le plus de duration.
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anticiper un resserrement des spreads de crédit, en achetant des obligations dont la marge de crédit est large et en les revendant lorsqu’elle se resserre. Cela nécessite une analyse de la qualité de crédit des entreprises. Cette approche peut être réalisée en achetant des fonds obligataires d’obligations à haut rendement.
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une autre approche consiste à sélectionner des obligations spécifiques, sur critères précis, parfois spéculatifs. Ce “bond picking” peut êter créateur de valeur mais présente aussi un risque car le portefeuille est alors peu diversifié.
Pourquoi avoir un objectif est important ?
Savoir pourquoi on intègre des obligations dans son portefeuille est fondamental pour :
- choisir les instruments les plus adaptés (y compris, des alternatives aux obligations)
- adopter le bon comportement en cas de matérialisation du risque de taux ou de crédit
- savoir quand vendre ou quand acheter des obligations
- mesurer la performance de la stratégie
- choisir les bonnes enveloppes de placement
Un exemple simple : le fonds en euros est bien adapté pour le premier usage car il verse un intérêt annuel et offre une garantie en capital. En revanche, il sera sous-optimal pour répondre au deuxième objectif car il n’aura pass le comportement nécessaire pour bien réduire la volatiltié. En effet, sa corrélation est nulle avec les actions (il évolue en totale indépendance), alors qu’on attend idéalement une corrélation négative bien répondre à cet objectif.
Pour savoir quelle proportion allouer aux obligations selon votre profil : Combien d’obligations avoir dans son patrimoine ?