Hausse des taux réglementés à venir : faut-il attendre, ou viser le compte à terme ?
Une révision des taux réglementés dans les tuyaux
Après la hausse du taux directeur de la BCE en juin, les taux réglementés vont mécaniquement suivre. Le taux du Livret A et du LDDS n’est pas indexé directement sur le taux BCE, mais sur des taux monétaires (l’€STR notamment) qui, eux, collent à la politique de la BCE.
La formule sera appliquée lors de la prochaine révision, et le sens est clair : c’est une hausse qui se profile. Bonne nouvelle pour l’épargne de précaution.
Mais une hausse plafonnée par le plafond du livret
Le point à ne pas perdre de vue : le Livret A est plafonné à 22 950 €, le LDDS à 12 000 €. Une fois ces enveloppes remplies, la hausse du taux réglementé ne concerne plus le moindre euro supplémentaire.
Or, sur ces livrets, c’est un rendement qui s’applique à un capital limité. Pour une trésorerie ou une épargne qui dépasse ces plafonds, la question n’est plus “quel est le meilleur taux réglementé”, mais “où placer le surplus”.
Le compte à terme, plus rémunérateur sur les gros montants
C’est là que le compte à terme (CAT) reprend l’avantage. Contrairement au livret réglementé, il n’a pas de plafond de versement, et les banques y proposent des taux qui suivent, eux aussi, la hausse des taux BCE, mais sans le bridage réglementaire.
Concrètement, sur les maturités de 12 à 36 mois, les meilleurs comptes à terme affichent aujourd’hui des taux bruts supérieurs à ce que rapportera le Livret A même après révision.
”Oui mais la fiscalité ?” : le calcul tient quand même
L’objection classique est juste : le compte à terme est fiscalisé (flat tax de 30 %, ou 17,2 % de prélèvements sociaux + impôt selon votre situation), là où le Livret A est net d’impôt et de prélèvements sociaux.
Sauf que sur les gros montants, l’écart de taux brut est souvent assez large pour absorber la fiscalité. Un exemple simple :
- Livret A à 2 % net : 2 % dans la poche.
- Compte à terme à 3,2 % brut : après flat tax de 30 %, il reste 2,24 % net.
Le compte à terme l’emporte, et l’écart se creuse à mesure que les banques répercutent la hausse des taux. Pour un épargnant faiblement imposé, ou éligible au barème plutôt qu’à la flat tax, l’avantage est encore plus net.
Le raisonnement s’inverse évidemment pour les petits montants tenant sous le plafond : là, le Livret A net d’impôt reste imbattable et disponible à tout moment. Le compte à terme, lui, bloque les fonds sur la durée choisie.
Et le risque ? Vos dépôts sont garantis jusqu’à 100 000 €
C’est la crainte légitime dès qu’on quitte le livret réglementé : le compte à terme est-il sûr ? Oui, dans une très large mesure. Les dépôts bancaires (dont les comptes à terme) sont couverts par le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR), à hauteur de 100 000 € par déposant et par établissement, en cas de faillite de la banque.
Deux conséquences pratiques :
- Jusqu’à 100 000 € dans une banque donnée, votre compte à terme bénéficie d’une garantie d’État de fait, comme le Livret A. Le “surcroît” de rendement ne s’accompagne donc pas d’un vrai surcroît de risque.
- Au-delà de 100 000 €, il suffit de répartir le capital sur plusieurs banques pour rester couvert sur chaque ligne. Un capital de 250 000 € réparti sur trois établissements reste intégralement garanti.
Autrement dit, sur le créneau des placements sans risque, le compte à terme offre un rendement supérieur pour un niveau de sécurité équivalent, à condition de respecter le plafond de garantie par banque.
L’alternative pour quelques mois : le fonds en euros de l’assurance-vie
Si l’idée de bloquer les fonds sur un compte à terme vous freine, il existe une autre piste pour placer un surplus quelques mois : le fonds en euros d’un contrat d’assurance-vie.
Ses atouts pour du court terme :
- Capital garanti par l’assureur (effet de cliquet : les gains sont acquis chaque année).
- Pas de blocage : l’argent reste disponible, les retraits (rachats) se font librement.
- Rendement des meilleurs fonds en euros aujourd’hui dans la fourchette 2,5 % à 3,5 %, souvent au-dessus du Livret A après révision.
Deux nuances à connaître. D’abord la fiscalité : sur un contrat de moins de 8 ans, les gains sont soumis à la flat tax (le raisonnement rejoint celui du compte à terme). Ensuite, garder un contrat ouvert quelques mois seulement a peu d’intérêt pour le compteur des 8 ans : l’idéal est d’avoir déjà un contrat “de prise de date” ouvert, dans lequel loger ponctuellement de la trésorerie sur le fonds en euros.
La bonne stratégie : remplir le réglementé, placer le surplus en CAT
L’ordre de priorité reste le même :
- Remplir Livret A et LDDS (rendement net garanti, disponible).
- Placer le surplus sur un ou plusieurs comptes à terme, en échelonnant les maturités pour garder de la souplesse (garantie FGDR jusqu’à 100 000 € par banque).
- Pour la part qui doit rester disponible ou pour un horizon de quelques mois, privilégier le fonds en euros d’une assurance-vie déjà ouverte.
Comparez les taux avant de vous décider
Les taux des comptes à terme bougent vite et varient fortement d’une banque à l’autre. Avant d’immobiliser un capital, comparez : notre comparateur de taux recense livrets, comptes à terme et comptes rémunérés, toutes maturités, avec une mise à jour quotidienne.
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