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Christine Lagarde tourne la page des politiques exceptionnelles

Retour aux fondamentaux, l’inflation comme guide

Après la période de mesures exceptionnelles (achats d’obligations, taux zéro, injections massives de liquidité…), Lagarde a déclaré ce 29 juin, lors du forum annuel de la BCE, que la politique monétaire serait désormais “à l’essentiel”, plus simple, avec les taux comme principal levier pour contrôler l’inflation.

La zone euro va profiter des transformations structurelles et sera plus stable

La présidente estime que les mesures mises en place au cours de la précédente décennie (supervision bancaire renforcée, mécanisme de stabilité…) porteront leurs fruits en matière de facilité de pilotage économique.

“En rendant l’économie plus résistante aux chocs, ce cadre a réduit le besoin de réponses de politique monétaire non conventionnelles ou particulièrement musclées”, a déclaré Lagarde.

Non aux demandes des banques concernant l’exigence de fonds propres

La BCE a rejeté les appels des banques demandant une baisse de l’exigence de fonds propres, affirmant que les niveaux actuels sont cohérents avec la sécurité que l’institution souhaite imposer, et qu’ils ne pénalisent pas l’offre de crédit.

Cette demande fait écho à l’assouplissement opéré l’an dernier aux Etats-Unis, causant, selon le secteur bancaire européen, des distorsions de concurrence.

Une hausse de taux possiblement prématurée, donc rien à l’horizon

Enfin, Lagarde a reconnu, en écho aux critiques qui qualifiaient la hausse des taux de juin de 2% à 2,25% de prématurée, que l’inflation baissait de façon satisfaisante et qu’une nouvelle hausse en juillet n’aura probablement pas lieu, l’heure étant plutôt à l’encouragement de la croissance qu’au travail sur l’inflation.

Une meilleure lisibilité des taux

Au final, cela ouvre la voie à une lisibilité et une prévisibilité des taux plutôt axée sur l’inflation (actuelle et anticipée), la BCE ne risquant pas de ressortir l’arsenal non conventionnel, du moins sans moult préparation après un tel discours.

Conséquences sur l’investissement en obligations

Plutôt positif pour les investisseurs, les taux longs ont d’ailleurs légèrement reculé. À long terme, c’est aussi positif puisque la classe d’actifs est moins porteuse de “surprises”.

Cela permet également à la BCE de refaire son arsenal de surprises : une action non conventionnelle aura d’autant plus de poids si la Banque a averti qu’elle n’en utiliserait plus.

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