Fonds en euros

Rendement actuel ~3.1% net (moyenne 2025)
Risque 1/7 — capital garanti nette de frais
Horizon moyen terme (4-8 ans recommandé)
Plafond aucun
Disponibilité quelques jours à quelques semaines
Capital garanti oui (garantie de l'assureur, pas de l'État)
Mis à jour le 2025

En bref

Le fonds en euros est le compartiment à capital garanti de l’assurance-vie. C’est le seul placement en France à offrir simultanément une garantie du capital nette de frais, une liquidité raisonnable et une fiscalité attractive après 8 ans — sans plafond de versement.

Mais le fonds en euros est mal compris. Ce n’est pas un livret bancaire à taux fixe connu à l’avance. C’est un portefeuille géré par l’assureur dont la performance dépend de la duration de son book obligataire, de sa politique de provisionnement, et de contraintes réglementaires que la plupart des épargnants ignorent.

Ce qui a changé depuis 2022 : après une décennie de taux quasi nuls qui avaient ramené les rendements à 1,3-1,5%, la remontée des taux a redonné de l’air. Les assureurs reconstituent progressivement leurs portefeuilles avec des obligations mieux rémunérées. La mécanique est lente — il faut 7 à 10 ans pour renouveler un book obligataire — mais elle est en cours. Les rendements 2025 oscillent entre 2,2% et 3,5% selon les contrats.

Verdict : le fonds en euros mérite sa place dans une allocation patrimoniale, surtout après 8 ans pour la fiscalité. Mais tous les contrats ne se valent pas. Un écart de 1,5 point sur 20 ans, c’est plusieurs dizaines de milliers d’euros sur un investissement modeste.


La garantie du capital : ce qu’elle couvre vraiment

Garantie nette de frais, brute de prélèvements sociaux

La garantie en capital d’un fonds en euros est précisément définie dans le Code des assurances. Elle s’applique nette de frais de gestion mais avant prélèvements sociaux. Ce n’est pas la même chose.

Exemple chiffré :

Vous versez 100 000 € sur un fonds en euros avec 0,70% de frais de gestion annuels. La valeur garantie au bout d’un an n’est pas 100 000 € — elle est de 100 000 € moins les 700 € de frais, soit 99 300 €. Si en plus l’assureur sert un rendement de 2,80%, les intérêts bruts sont de 2 800 €, sur lesquels sont prélevés 18,4% de prélèvements sociaux (soit 481,60 €). Vous recevez 2 318,40 € nets de PS.

Votre contrat vaut donc : 99 300 € + 2 318,40 € = 101 618,40 €.

La garantie joue sur ce montant net de frais : vous ne pouvez jamais descendre en dessous de 99 300 € en fin d’année (hors PS). C’est la garantie.

La garantie est celle de l’assureur, pas de l’État

Contrairement au Livret A garanti par l’État, la garantie d’un fonds en euros est celle de la compagnie d’assurance. En cas de défaillance de l’assureur, le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP) intervient — mais seulement jusqu’à 70 000 € par assuré et par compagnie.

Exemple : vous avez 200 000 € chez Assureur A et 150 000 € chez Assureur B. Si les deux font défaut simultanément (scénario extrême), vous récupérez 70 000 € + 70 000 € = 140 000 € garantis. Les 160 000 € restants entrent dans la procédure collective, avec une récupération incertaine.

Pour les patrimoines importants, diversifier entre assureurs a du sens. Deux ou trois contrats auprès d’assureurs différents permettent de maximiser la couverture FGAP.


L’effet de cliquet : mécanique exacte

L’effet de cliquet signifie que les intérêts crédités chaque année sont définitivement acquis : ils s’ajoutent au capital garanti et ne peuvent plus être repris. C’est le mécanisme clé qui distingue le fonds en euros d’un OPCVM obligataire.

Comment ça se passe concrètement

La valeur de rachat d’un contrat fonds en euros évolue de la façon suivante :

  • Fin d’année N : l’assureur calcule le taux de participation aux bénéfices et crédite les intérêts. Ce montant est définitivement acquis.
  • Début d’année N+1 : votre nouveau capital garanti inclut les intérêts de l’année N. Même si les marchés s’effondrent en N+1, vous ne perdrez pas les intérêts de N.

Exemple chiffré sur 3 ans :

AnnéeCapital en début d’annéeTaux serviIntérêts brutsPS (18,4%)Intérêts netsCapital fin d’année
2023100 000 €2,50%2 500 €430 €2 070 €102 070 €
2024102 070 €2,80%2 858 €492 €2 366 €104 436 €
2025104 436 €3,00%3 133 €539 €2 594 €107 030 €

Note : ce tableau simplifie — en réalité les frais de gestion sont prélevés sur l’encours, pas sur les intérêts.

Ce qui se passe lors d’un rachat partiel

Le cliquet ne s’applique qu’au capital maintenu en compte. Si vous rachetez partiellement, vous récupérez votre quote-part du capital garanti — mais vous perdez les intérêts futurs sur la part rachetée. En revanche, les intérêts déjà crédités sur la part rachetée sont bien dans votre poche.

Différence avec un OPCVM : sur un OPCVM obligataire, la valeur liquidative fluctue chaque jour. Si vous avez investi 100 000 € et que le fonds vaut 95 000 € le jour où vous rachetez, vous perdez 5 000 €. C’est impossible sur un fonds en euros — vous récupérez au minimum votre capital garanti accumulé.


Le portefeuille d’actifs : ce que l’assureur fait de votre argent

Composition type d’un fonds en euros

Classe d’actifPart typiqueRôle dans le portefeuille
Obligations souveraines (OAT, Bund, BTP…)40 à 50%Socle sûr, rendement prévisible
Obligations d’entreprises investment grade25 à 35%Rendement supplémentaire (+spread de crédit)
Immobilier (SCPI, SCI, immeuble en direct)5 à 15%Diversification + rendement
Actions (directes ou OPCVM)3 à 8%Performance long terme
Obligations high yield et convertibles2 à 5%Rendement supplémentaire, risque contrôlé
Liquidités et obligations CT2 à 5%Gestion des rachats

Le cas des fonds en euros à dominante immobilière

Certains assureurs ont construit des fonds en euros avec une part immobilière bien plus élevée — jusqu’à 30 à 40%. Ces fonds ont longtemps surperformé grâce à la hausse de l’immobilier.

Exemple : Suravenir Opportunités (distribué par Fortuneo, Linxea…) avait une poche immobilière de 30%+. Son rendement 2021 était de 2,40% quand la moyenne du marché était à 1,30%. Mais depuis 2023, la correction immobilière pèse sur ces fonds — certains ont dû provisionner des moins-values latentes sur leur portefeuille immobilier.

Leçon : un fonds en euros n’est pas homogène. La composition du portefeuille explique largement les différences de rendement — et de risque résiduel.

La gestion obligataire : investissement et duration

L’assureur ne gère pas les obligations comme un particulier. Il achète généralement des obligations à l’émission (marché primaire) et les détient jusqu’à maturité (buy and hold). C’est une gestion “actuarielle” — le rendement est connu dès l’achat.

La duration moyenne d’un book obligataire de fonds en euros est de 7 à 10 ans. Ça signifie deux choses :

  1. Le portefeuille est peu sensible aux fluctuations de taux à court terme (l’assureur ne vend pas avant l’échéance)
  2. Le renouvellement des obligations aux nouveaux taux prend du temps

Exemple de renouvellement : un assureur avec 100 Mds€ d’obligations et une duration de 8 ans renouvelle environ 12-15 Mds€ par an (maturités + nouveaux versements nets). Si les taux de marché sont à 3,5%, les nouvelles obligations achetées rapportent 3,5%. Mais les 85 Mds€ d’obligations existantes rapportent en moyenne 1,5% (book constitué entre 2015 et 2022). Le rendement moyen du book progresse donc d’environ 0,20 point par an. C’est lent — mais régulier.


La PPE : l’instrument de lissage des rendements

La Provision pour Participation aux Excédents (PPE) est le mécanisme le plus méconnu des fonds en euros, et pourtant l’un des plus importants pour comprendre les rendements futurs.

Le principe légal

L’assureur est légalement tenu de reverser aux assurés au moins 85% des produits financiers réalisés sur les actifs. Mais il peut différer une partie de cette redistribution dans la PPE, à condition de la distribuer dans les 8 ans.

Concrètement : si un assureur réalise 4% de rendement sur ses actifs mais ne veut servir que 3% à ses clients, il peut mettre 1% en PPE. Ces 1% sont une “dette” de l’assureur envers ses assurés, à verser dans les 8 prochaines années.

Ce que révèle le niveau de PPE — avec exemples réels

Le ratio PPE/encours est public dans les rapports annuels SFCR (Solvency and Financial Condition Report) que chaque assureur doit publier.

Niveaux indicatifs en 2024 :

AssureurPPE estimée (% encours)Interprétation
CNP Assurances~4-5%Réserves solides
Crédit Agricole Assurances~3-4%Bonne marge
BNP Paribas Cardif~2-3%Correct
Assureur en collecte agressive< 1%Faible matelas

Un assureur avec 5% de PPE sur un encours de 100 Mds€ a 5 Mds€ de réserves à redistribuer. Il peut pendant plusieurs années verser un rendement légèrement supérieur à ce que ses actifs produisent réellement — pour attirer de la collecte ou maintenir ses clients.

L’autre usage de la PPE : absorber les mauvaises années

En 2020, pendant le Covid, certains assureurs ont puisé dans leur PPE pour maintenir des rendements de 1,5-2% alors que leurs portefeuilles immobiliers décorrelaient. Sans PPE, ces assureurs auraient dû servir moins de 1%.

Exemple chiffré : assureur avec 50 Mds€ d’encours, PPE de 3% = 1,5 Md€. En année difficile où le portefeuille ne produit que 1,8%, l’assureur peut piocher 0,50% dans la PPE pour servir 2,30% à ses clients. La PPE tombe à 2,5% — toujours confortable.


La duration du book : pourquoi le rendement remonte lentement

C’est le mécanisme le plus important à comprendre pour anticiper les rendements futurs.

La simulation de reconstitution

Prenons un assureur fictif avec un book obligataire de 80 Mds€ constitué entre 2010 et 2022 :

  • Obligations 2010-2015 (20 Mds€) : taux moyen 3,5%, arrivées à maturité 2020-2025 → déjà renouvelées à 0,5-3,5%
  • Obligations 2016-2019 (25 Mds€) : taux moyen 0,8%, maturité 2026-2029 → seront renouvelées à ~3% (si les taux restent là)
  • Obligations 2020-2022 (25 Mds€) : taux moyen 0,4%, maturité 2027-2032 → renouvelées en dernier, poids lourd

En 2025, le rendement moyen du book est environ 1,8-2%. En 2028-2029, quand les obligations 2016-2019 seront renouvelées à 3%, le rendement moyen passera à ~2,5-2,8% — même si les taux de marché baissent d’ici là.

Conclusion pratique : les rendements des fonds en euros vont continuer à progresser jusqu’en 2027-2028, indépendamment de ce que fait la BCE à court terme. Les épargnants qui ont souscrit ou augmenté leur fonds en euros en 2023-2024 ont bloqué une part de ce renouvellement favorable.

Quand les taux baissent : effet asymétrique

Quand les taux baissent, le portefeuille existant (duration longue) prend de la valeur en mark-to-market. Mais l’assureur gère en buy and hold — il ne réalise pas ces plus-values.

Il peut cependant : vendre une partie du portefeuille pour “cristalliser” les plus-values latentes et les passer en PPE, puis racheter des obligations à des taux légèrement inférieurs. C’est ce que certains assureurs ont fait en 2019-2020. Un outil de pilotage du rendement servi — mais qui consomme les réserves futures.


Solvabilité II : la contrainte réglementaire invisible

Le coût en capital par classe d’actif

Depuis 2016, chaque actif détenu par un assureur a un “coût en capital réglementaire” défini par Solvabilité II. Plus le risque est élevé, plus le capital que l’assureur doit immobiliser est important.

Classe d’actifCharge en capital (approximatif)
Obligation d’État UE notée AAA, 5 ans~2%
Obligation corporate IG, 5 ans~5-10%
Action cotée~39%
Immobilier~25%
High yield~15-20%

Traduction concrète : pour détenir 1 M€ d’actions, l’assureur doit immobiliser ~390 000 € de fonds propres. Pour 1 M€ d’OAT françaises, seulement ~20 000 €. C’est ce qui pousse structurellement les fonds en euros vers les obligations.

Exemple d’impact : en 2020, les marchés actions ont chuté de 30% au moment du Covid. Les fonds propres des assureurs ont été mis sous tension. Plusieurs ont dû réduire leur poche actions pour respecter leurs ratios — vendant au plus bas, puis rachetant plus haut. Un effet procyclique que Solvabilité II n’a pas réussi à éviter.

La PRE (Provision pour Risque d’Exigibilité)

La PRE est moins connue que la PPE. Elle doit être constituée quand la valeur de marché des actifs risqués (actions, immobilier) est inférieure à leur valeur comptable. Autrement dit, quand il y a des moins-values latentes.

Exemple : un assureur a acheté un immeuble en 2019 pour 10 M€ (valeur comptable : 10 M€). En 2024, cet immeuble vaut 8 M€ en mark-to-market. L’assureur doit constituer une PRE de 2 M€ — ce qui grève ses résultats et peut réduire sa capacité à servir du rendement.


Les trois types de fonds en euros

1. Le fonds en euros classique (“euro général”)

Le modèle décrit ci-dessus. Composition : 70-80% obligations, 10-15% immobilier, 5-8% actions. C’est la grande majorité des encours en France (plus de 1 500 Mds€).

Pour qui : la très grande majorité des épargnants. Liquidité, garantie, fiscalité : le package standard.

2. Le fonds en euros “dynamique” ou “nouvelle génération”

Certains assureurs proposent des fonds en euros avec une poche actions plus importante (15 à 25%), en échange de conditions d’accès plus strictes. L’idée : améliorer le rendement long terme en acceptant une gestion plus active.

Exemple : Generali Patrimoine — le fonds en euros “Évolutif” a une poche actions de 15-20%. Sur 10 ans, il a surperformé la moyenne de 0,3 à 0,5 point par an. Mais pendant les crises (2020, 2022), il a subi plus de pression et a servi des rendements légèrement plus bas que les fonds classiques comparables.

Attention aux conditions d’accès : ces fonds imposent souvent un minimum d’UC (30 à 50% du versement). Comparer le rendement du fonds seul ne suffit pas — il faut intégrer la performance de l’UC imposée.

3. L’Euro-croissance

Produit distinct, créé par la loi Bercy II (2014) et réformé par la loi PACTE (2019). La garantie du capital ne porte que sur une date d’échéance choisie (minimum 8 ans), pas à tout moment. En contrepartie, le fonds peut investir davantage en actifs risqués.

En pratique : le succès commercial a été très limité. Moins de 3 Mds€ d’encours en France, contre plus de 1 500 Mds€ pour les fonds en euros classiques. La raison est simple : les épargnants français veulent la garantie à tout moment, pas seulement à l’échéance.

Cas d’usage légitime : si vous savez avec certitude que vous n’aurez pas besoin de l’argent avant 10-12 ans, l’Euro-croissance peut offrir un meilleur rendement. Mais la liquidité conditionnelle est un risque réel à ne pas ignorer.


Les conditions d’accès imposées : comprendre la stratégie des assureurs

Pourquoi les assureurs ont restreint l’accès au fonds en euros

Entre 2019 et 2022, quand les taux étaient quasi nuls ou négatifs, chaque euro de collecte supplémentaire en fonds en euros était un problème pour l’assureur. Il devait l’investir à des taux proches de 0%, ce qui diluait le rendement moyen de son book et menaçait sa capacité à honorer la garantie à long terme.

Exemple concret : en 2021, un assureur collecte 1 Md€ sur son fonds en euros. Il doit l’investir. Les OAT 10 ans sont à 0,20%. Il investit en corporate bonds IG à 0,80% (meilleur taux disponible). Son book existant rapporte en moyenne 2,5% (obligations contractées avant 2016). La nouvelle collecte dilue le rendement moyen de son book.

Pour décourager les souscriptions sans les interdire formellement, les assureurs ont instauré :

  • Obligation de diversification : x% du versement doit aller en unités de compte. Exemple : chez Spirica (BNP), pendant 2021-2022, accès au fonds en euros réservé aux versements comportant au moins 30% en UC
  • Plafond d’investissement en fonds en euros : maximum 70% de l’encours total du contrat
  • Fermeture temporaire : certains assureurs ont simplement fermé leur fonds en euros à de nouveaux versements pendant plusieurs mois

La situation en 2025-2026

Avec la remontée des taux, les restrictions se sont levées chez la plupart des assureurs. Le fonds en euros redevient rentable à gérer. Mais elles persistent chez certains, par habitude commerciale ou pour maintenir un flux d’UC vers les rétrocessions.

Ce que ça signifie pour vous : vérifiez les conditions d’accès avant le rendement affiché. Un contrat affichant 3,2% mais imposant 40% d’UC vous donne peut-être moins en rendement global qu’un contrat à 2,8% en accès libre.


Avantages et inconvénients

Les plus :

  • Seul placement sans risque de perte en capital avec liquidité raisonnable, hors livrets réglementés
  • Pas de plafond de versement (contrairement au Livret A à 22 950 €, au LDDS à 12 000 €)
  • Effet de cliquet : les intérêts sont définitivement acquis chaque année
  • Fiscalité très attractive après 8 ans (abattement annuel de 4 600 € / 9 200 €)
  • Transmission successorale hors droits jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire (versements avant 70 ans)
  • Possibilité de nantissement : un contrat d’assurance-vie peut garantir un prêt immobilier

Les moins :

  • Prélèvements sociaux (18,4%) prélevés au fil de l’eau sur les intérêts — contrairement aux UC où ils ne sont prélevés qu’à la sortie
  • Frais de gestion annuels (0,50% à 0,80%) prélevés sur l’encours total, pas seulement sur les gains
  • Conditions d’accès restrictives sur certains contrats (obligation d’UC)
  • Délai de liquidité : quelques jours à quelques semaines selon les contrats. Ce n’est pas du jour au lendemain comme un livret
  • La garantie est plafonnée à 70 000 € par le FGAP — risque théorique pour les gros patrimoines
  • Les rachats dans les 8 premières années déclenchent une fiscalité moins favorable (flat tax) de 31,2%%)
  • Rendement inférieur à ce que le marché obligataire offre en direct : la garantie a un coût réel

Fiscalité

Le point douloureux : les prélèvements sociaux au fil de l’eau

C’est spécifique au fonds en euros : les prélèvements sociaux (18,4%) sont prélevés chaque année sur les intérêts. Ce mécanisme existe depuis 1997 et a été confirmé par la loi de finances 2011.

Pourquoi c’est important : vous perdez l’effet de capitalisation sur la fraction de PS. Sur une UC logée dans la même assurance-vie, les 18,4% ne sont prélevés qu’à la sortie — vous capitalisez donc sur le montant brut pendant toute la durée de détention.

Exemple chiffré sur 20 ans, 100 000 €, rendement 3% :

Fonds en euros (PS annuels)UC obligataire (PS à la sortie)
Capital final avant impôt~155 000 €~180 600 €
PS déjà prélevés~9 600 € (au fil)0 €
PS à la sortie0 €~13 900 €
Capital net~155 000 €~166 700 €

L’écart de ~11 700 € vient uniquement du mécanisme de prélèvement, à rendement identique. C’est pourquoi, pour un horizon long, les UC obligataires peuvent être plus efficaces fiscalement que le fonds en euros — à risque comparable.

La fiscalité des rachats

Les plus-values lors d’un rachat sont soumises à l’impôt sur le revenu selon le tableau suivant :

Ancienneté du contratRégimeTaux IR+ PS= Total
< 8 ansPFU (flat tax)12,8%0% (déjà prélevés sur FE)12,8%
≥ 8 ans, primes ≤ 150 000 €Abattement + PFU réduit7,5%0% (idem)7,5%
≥ 8 ans, primes > 150 000 €PFU plein sur excédent12,8%0%12,8%

L’abattement après 8 ans : 4 600 € de plus-values par an pour une personne seule, 9 200 € pour un couple. Si vos gains annuels ne dépassent pas ce seuil lors du rachat, vous ne payez aucun impôt (les PS étant déjà réglés au fil de l’eau).

Le calcul de la quote-part imposable : lors de chaque rachat, la plus-value taxable est calculée proportionnellement. Vous ne pouvez pas “racheter d’abord le capital”.

Formule :

Plus-value dans le rachat = Montant racheté × (Valeur totale – Primes versées) / Valeur totale

Exemple : contrat valant 130 000 € (100 000 € versés + 30 000 € de gains). Vous rachetez 26 000 €.

Plus-value dans le rachat = 26 000 × (30 000 / 130 000) = 6 000 €

Si le contrat a plus de 8 ans et que vous êtes seul, l’abattement de 4 600 € s’applique : vous êtes imposé sur 6 000 - 4 600 = 1 400 € seulement, à 7,5% = 105 € d’impôt.

Pour une analyse complète : Fiscalité de l’épargne — le guide complet.


Rendement : historique, analyse et perspectives

Les rendements moyens depuis 15 ans

AnnéeRendement moyen FranceMeilleur du marchéContexte taux BCE
2025~2,8% (estimation)~3,5%Baisse en cours (2,5%)
2024~2,5%~3,2%Début de baisse BCE
2023~2,6%~3,1%Taux hauts (4%)
2022~1,9%~2,4%Montée rapide des taux
2021~1,3%~2,1%Taux négatifs
2020~1,3%~2,0%Covid, taux négatifs
2019~1,4%~2,2%Taux négatifs BCE
2018~1,8%~2,4%
2017~1,8%~2,4%
2016~1,9%~2,5%
2015~2,3%~3,0%
2013~2,8%~3,5%
2010~3,4%~4,0%

La dispersion entre assureurs est très large. En 2024, l’écart entre le meilleur contrat grand public (Suravenir, Generali, Spirica) et le moins performant (certaines banques de réseau) atteignait 1,5 à 2 points. Sur 20 ans, cet écart représente une différence de capital final de 25 à 30%.

Exemple chiffré : 100 000 € versés en 2005, rendement moyen sur 20 ans :

  • Meilleur contrat (2,8% net) : 175 000 €
  • Contrat moyen (2,0% net) : 148 000 €
  • Mauvais contrat (1,5% net) : 134 000 €

Différence entre meilleur et mauvais : 41 000 € — sur le même placement, avec la même garantie.

Perspectives 2026-2030

Le scénario central : les taux BCE continuent à baisser progressivement vers 2-2,5%. Les nouveaux investissements des assureurs se font à des taux inférieurs à 2022-2024, mais supérieurs à 2016-2021.

Impact sur les rendements servis :

  • 2026-2027 : maintien autour de 2,8-3,2% pour les bons contrats (les books se reconstituent encore)
  • 2028-2030 : légère pression à la baisse si les taux restent bas, mais atténuée par les PPE constituées en 2023-2025
  • Plancher probable : 2-2,5% — bien supérieur à la décennie 2016-2022

Suivez l’évolution des taux OAT (référence principale) sur notre dashboard taux.


Les 5 critères pour choisir son fonds en euros

Choisir sur le rendement de l’année précédente est une erreur classique. Voici ce qui compte vraiment :

1. Le taux servi sur 3 ans (pas sur 1 an) Un assureur peut gonfler son taux une année en puisant dans la PPE pour attirer la collecte. Regardez la moyenne sur 3 ans pour éliminer les effets d’aubaine.

2. Le niveau de PPE Cherchez le rapport SFCR de l’assureur (publié sur le site de l’ACPR). Un niveau de PPE > 3% des encours est rassurant. En dessous de 2%, méfiance.

3. Les conditions d’accès Aucune restriction d’UC ? Accès libre, c’est un avantage réel. Si 30-40% d’UC sont imposés, intégrez le rendement global (fonds + UC forcées) dans votre comparaison.

4. Les frais de gestion 0,50% vs 0,80% de frais annuels : c’est 0,30 point de rendement net en moins chaque année. Sur 20 ans, c’est considérable. Préférez les contrats en ligne (Boursorama Vie, Fortuneo Vie, Linxea Avenir) qui ont souvent les frais les plus compétitifs.

5. La solidité de l’assureur (ratio SCR) Le Solvency Capital Requirement (SCR) est publié dans le rapport SFCR. Un ratio > 150% est confortable. En dessous de 110%, l’assureur est sous surveillance réglementaire. Ce chiffre est rarement communiqué spontanément — il faut le chercher.


Enveloppes compatibles

Le fonds en euros n’existe que dans deux enveloppes : l’assurance-vie et le PER assurance.

EnveloppeFonds en eurosSpécificité
Assurance-vieOui — contexte naturelFiscalité optimale après 8 ans, transmission hors droits
PER assuranceOuiDéductibilité des versements, fonds bloqué jusqu’à la retraite sauf cas de déblocage anticipé
PEANon
CTONon

PER vs assurance-vie pour le fonds en euros : si vous êtes dans une tranche marginale d’imposition élevée (30% ou plus) et que vous n’aurez pas besoin de cet argent avant la retraite, le PER peut être plus avantageux. La déductibilité des versements à l’entrée compense la fiscalité à la sortie.

Exemple : vous versez 10 000 € sur un PER, TMI à 41%. Économie fiscale immédiate : 4 100 €. À la sortie en rente ou en capital à la retraite (TMI supposée 30%), l’impôt sur le capital restitué est de 3 000 €. Gain net : 1 100 € — plus les intérêts générés sur les 4 100 € non payés en impôt pendant la durée de détention.


Pour qui ?

Le fonds en euros est fait pour vous si :

  • Vous avez rempli vos livrets réglementés et cherchez un support sans risque sans plafond
  • Vous épargnez à moyen-long terme (≥ 8 ans) pour profiter de la fiscalité
  • Vous êtes dans une logique de transmission : l’avantage successoral est unique
  • Vous voulez un “matelas sécurisé” dans un portefeuille comportant aussi des actifs risqués
  • Votre TMI est élevée : l’avantage fiscal après 8 ans est proportionnel à votre taux d’imposition

Le fonds en euros n’est PAS adapté si :

  • Votre horizon est inférieur à 3-4 ans : les frais et la fiscalité à la sortie avant 8 ans rendent un compte à terme ou un OPCVM monétaire souvent plus performants net de charges
  • Vous cherchez à maximiser le rendement sans contrainte : les OPCVM obligataires ou les obligations en direct offrent un meilleur rendement brut, sans la friction des frais de gestion de l’assureur
  • Vous avez plus de 70 ans et visez la transmission : les versements après 70 ans bénéficient d’un abattement global de seulement 30 500 € (tous bénéficiaires confondus), bien moins favorable
  • Votre encours dans une même compagnie dépasse 70 000 € et vous n’êtes pas prêt à diversifier les assureurs

Ce placement vous intéresse ? Comparez les meilleurs contrats du marché : Meilleure assurance-vie fonds euros en 2026.

Comprendre l’enveloppe qui contient ce placement : Guide complet de l’assurance-vie.

Voir aussi : Livret A vs fonds en euros — lequel choisir ?Où placer son argent en 2026